Forever Young (album 2018)

 

Cet album, c'est mon histoire.
Un hommage imaginé dans la plus profonde gratitude pour la musique, les chansons et les artistes qui m'ont tant inspirée au fil de mon chemin. Quelques artistes seulement bien sûr, tant d'autres auraient pu trouver leur place dans cette collection. Ces titres que j'ai choisis sont des sources multicolores issues de toutes les cultures que j'ai eu la chance, le bonheur et la gourmandise d'explorer.
Des chansons qui m'ont permis de tant apprendre du monde et de la vie, elles m'ont donné la possibilité de me construire, de devenir chanteuse. Bien au-delà des registres ou des générations, et par-delà le temps qui passe. La musique est un lien magique et éternel, elle est mon ADN et mon bonheur. Elle est le lien qui nous unit si fort, vous et moi, depuis longtemps déjà. Depuis 60 ans. C'est une vie...

Tous ces artistes auxquels, humblement, j'emprunte les chansons seront pour toujours, comme l'a écrit Dylan, Forever Young.

Nana

 

 

Track-list de l'album

  • In the Ghetto  (Elvis Presley)
  • Love is a Losing Game (Amy Winehouse)
  • Sa jeunesse (Charles Aznavour)
  • Forever Young (Bob Dylan)
  • Lili Marlène (Marlene Dietrich)
  • Hallelujah (Leonard Cohen)
  • Lonely Street (Andy Williams)
  • Lei Pikake (Kealiʻi Reichel)
  • (Everything I Do) I Do It For You (Brian Adams)
  • Dis quand reviendras-tu ? (Barbara)
  • Hey Jude (The Beatles)
  • Durch die schweren Zeiten (Udo Lindenberg)
  • Jamaica Farewell (Harry Belafonte)
  • Salma Ya Salama (Dalida)
  • Wallflower (Bob Dylan)

Label : Mercury
© 2018 Nema Productions SA

Collaboration

  • Francois Bréant  (arrangements)
  • Philippe Pregno (saxophone, flûte, clarinette, harmonica)
  • Jean-Philippe Roux (guitare)
  • Jean-Philippe Batailley (batterie)
  • Luciano di Napoli (piano, orgue, claviers, chef d'orchestre)
  • Karim Medjebeur (piano, chef d'orchestre)
  • Roland Romanelli  (accordéon)

Textes de :

  • Barbara
  • Barry Flanagan
  • Bob Dylan
  • Leonard Cohen
  • Charles Aznavour
  • John Lennon
  • Salah Jahine
  • Udo Lindenberg
  • Pierre Delanoë...

Musiques de :

  • Barbara
  • Amy Winehouse
  • Bob Dylan
  • Bryan Adams
  • Carl Belew
  • Charles Aznavour
  • Hans Leip
  • John Lennon
  • Leonard Cohen
  • Lord Burgess
  • Mac Davis
  • Ali Zuckowski
  • Jeff Barnel
  • Kenny Sowder
  • Michael Kamen
  • Norbert Schultze
  • Paul McCartney
  • Raymond Kiope
  • Simon Triebel
  • W.S. Stevenson...

 

Liens

 

 

Interviews
Nana Mouskouri: «La scène, c’est toute ma vie»

Installée à Genève depuis plus de cinquante ans, la chanteuse grecque sort dans quelques semaines son 134e album. A 83 ans, elle regarde toujours le monde avec les yeux d’une petite fille qui a connu la guerre et a toujours cherché à véhiculer un message de paix et de tolérance.

On a beaucoup parlé, dans la déferlante d’hommages qui a suivi la mort de Johnny Hallyday, des 110 millions d’albums écoulés par le rockeur rescapé des yé-yé. Nana Mouskouri, elle, a vendu entre trois et quatre fois plus de disques! Démarrée à la fin des années 1950 lorsqu’elle remporte le premier prix du Festival de la chanson grecque, sa carrière l’a vue parcourir le monde entier depuis Genève, où elle s’est installée en 1964. A 83 ans, voilà qu’elle s’apprête à sortir un nouveau disque de reprises, et à repartir sur la route pour une série de concerts de prestige.

Le Temps: Vous publiez début février «Forever Young», votre 134e album, le 42e en français! Qu’est-ce qui vous a donné envie, après avoir vendu quelque 350 millions de disques, de repartir en studio?

Nana Mouskouri: C’est ma maison de disques qui donne ce chiffre. Vous savez, ils exagèrent, je n’ai peut-être vendu que 250 ou 300 millions d’albums… Mais bon, c’est vrai que ma carrière a commencé il y a très longtemps, avec quelques premiers 45 tours en Grèce au tout début des années 1960. Pour ce nouvel album, j’ai eu envie de reprendre des chansons que je n’avais jamais chantées, des grands succès de ces soixante dernières années.

«Forever Young» est un morceau de Bob Dylan écrit à la naissance de son fils. Il parle de l’importance de rechercher la vérité et de ne jamais perdre la sagesse de la jeunesse. Je reprends aussi «In the Ghetto», d’Elvis, que j’ai toujours voulu interpréter, ou «Lili Marlene», de Marlene Dietrich, qui me rappelle que je suis une enfant de la guerre. Et j’ai aussi souhaité chanter une chanson d’Amy Winehouse, «Love Is a Losing Game». C’est une artiste que j’ai adorée, qui me rappelait des chanteuses de jazz comme Billie Holiday. Elle avait cette originalité, et beaucoup d’âme quand elle chantait.

Vous avez toujours chanté en plusieurs langues, notamment en allemand dès le tout début de votre carrière. Y a-t-il de grandes différences entre les langues? Est-il par exemple plus difficile de chanter en allemand qu’en anglais?

L’allemand est en effet plus difficile, mais c’est aussi, comme vous le dites, la langue qui est entrée le plus tôt dans ma vie et m’a offert mes premiers grands succès. Comme j’avais connu les Allemands en tant qu’ennemis lorsqu’ils occupaient la Grèce durant la Deuxième Guerre mondiale, il me fallait apprendre à connaître ce pays afin de trouver la paix. En Allemagne, j’ai trouvé des amis, j’ai vu que les jeunes souffraient aussi, qu’ils n’avaient pas choisi la guerre. J’ai toujours essayé de rentrer dans le cœur des gens, car ma tendance est de me faire des amis. Et pour cela, il faut apprendre la langue du pays.

J’ai appris toutes les langues que je chante en plus du grec: l’espagnol, l’anglais, le français, l’allemand et l’italien. J’aime les langues, car j’aime beaucoup les sons. J’ai ainsi souvent chanté les chansons les plus populaires des pays que je visitais. Quand je suis arrivée au Canada, j’ai appris mes premières chansons avec Leonard Cohen. C’est lui, ensuite, qui m’a présenté Bob Dylan, dont j’ai chanté «Farewell Angelina», qui est devenu «Adieu Angelina».

A une époque où le repli sur soi prime souvent sur l’ouverture, mélanger les langues comme vous le faites encore sur «Forever Young» semble diffuser un message de tolérance, de respect et de paix…

C’est exactement ça! Quand j’étais petite, pendant la guerre, on entendait souvent qu’untel ou untel avait fui la Grèce pour la Suisse. Pour les jeunes Athéniens, la Suisse était un endroit qui ne faisait pas la guerre, un nid de paix. Quand je suis en Suisse, je me sens en sécurité. C’est un pays démocratique, juste. J’ai quitté la Grèce pour trouver la paix, et à travers mes chansons, j’ai pu voyager et me faire des amis. Je ne chante ni pour les riches, ni pour les pauvres; je chante pour tout le monde, on est tous humains.

Comme vous avez toujours entremêlé les langues, vous n’avez jamais choisi de genre musical, passant du jazz à la chanson, de la pop au lyrique. En 1969, vous faites même la première partie de Led Zeppelin à l’Olympia, ce qui aujourd’hui semblerait incongru…

A cette époque, tout se mélangeait, tout le monde avait sa place. J’aimais aussi beaucoup la country, qui racontait des histoires simples, des histoires de la vie. J’ai fait dans la pop et le folk ce que Maria Callas a fait dans le classique: passer d’un style à l’autre. Pour moi, la musique n’a pas de frontières. La seule frontière, c’est le respect.

Une chanson permet-elle de faire passer un message?

Oui, mais je n’ai jamais essayé de convaincre les gens à travers une chanson. Ma vérité n’est pas forcément la vérité des autres. Je m’adresse aux gens, il y a ceux qui veulent me comprendre et ceux qui ne le veulent pas.

Vous avez passé cinq ans au Parlement européen, entre 1994 et 1999. Pourquoi cet engagement politique?

Un ami m’a demandé de rejoindre le parti qu’il dirigerait [Nouvelle Démocratie, ndlr]. Je lui ai dit que j’étais chanteuse et que je ne faisais pas de politique. Mais il m’a convaincue que je pouvais aider mon pays, et comme il m’avait placée dans une position éligible sur sa liste, je me suis dit que si je n’acceptais pas, les gens allaient lui reprocher d’avoir été abandonné par sa chanteuse. Et je n’avais pas envie de lui faire du tort. Durant cette période, je ne chantais plus que le week-end et durant les vacances. Mais j’ai essayé, au Parlement, de me pencher sur les problèmes liés à la musique et à la culture.

Un des rapports dont je suis le plus fière est justement lié aux langues. Ils voulaient n’avoir qu’une langue principale, et je trouvais que ce n’était pas juste, que personne ne devait perdre sa langue; c’est une question d’identité et de respect pour son pays. Je me suis battue contre cela. Car si tu respectes ton pays, tu respectes les autres. Je crois profondément à cela. On peut s’entendre au-delà des nationalités, il suffit de faire chacun quelques petites concessions.

Avez-vous très tôt pris conscience de la voix extraordinaire que vous avez?

Ce n’est que depuis quelques années, quand j’écoute mes vieux enregistrements, que je me rends compte que j’avais une voix. Petite, je chantais tout le temps. Si j’étais triste, je chantais; si j’étais heureuse, je chantais. Je chantais de tout, mais principalement des vieilles chansons grecques que j’entendais à la radio. Mon papa, qui était technicien au cinéma, m’avait construit un petit transistor avec lequel j’écoutais aussi beaucoup de jazz et des chansons américaines ou anglaises. Quand je chantais sur la scène du cinéma où il travaillait, devant une salle vide, je me sentais bien, j’étais sur un nuage; c’était irréel. Mes parents m’ont alors dit que si j’aimais la musique, il fallait l’apprendre. Et j’ai fait le conservatoire. Mais ce n’est qu’en devenant âgée que j’ai réellement commencé à savoir qui j’étais.

En 1962, vous partez aux Etats-Unis enregistrer avec Quincy Jones l’album «The Little Girl from Greece Sings». Que vous ont apporté cette expérience et votre découverte du jazz?

J’étais fascinée de découvrir ce pays. Et Quincy était tellement enthousiaste! Tous les soirs, il me disait: «Viens, on va écouter les maîtres.» Nous sommes ainsi allés voir Ella Fitzgerald, Count Basie, Sarah Vaughan, et c’est comme ça que j’ai appris à chanter le jazz. Le but n’était pas d’imiter les autres, mais de capter leur émotion, de garder une empreinte. Quincy aimait que je sois Grecque, avec un petit accent. En studio, il était très exigeant, il me demandait du feeling, des nuances. Avec lui, j’ai appris à trouver l’émotion juste et à rester sincère.

Puis, avec Harry Belafonte, j’ai appris comment me tenir sur scène. Lui, il était toujours immobile, il ne dansait pas; mais quel charisme il avait! Moi, je me concentrais sur ma voix, je n’avais que ça. A cette époque, on m’a proposé de rester aux Etats-Unis, mais c’était très compliqué. J’avais déjà un début de carrière et des amis en Europe et je n’avais pas envie de me déraciner une deuxième fois. J’ai ainsi décidé de rester une chanteuse européenne.

Et vous avez continué à faire de belles rencontres…

Depuis mes débuts, je n’ai cessé de travailler avec de grands musiciens. Après Quincy Jones et Harry Belafonte, il y a eu Bobby Scott, puis Michel Legrand. En Angleterre, j’ai travaillé avec les Beatles, qui sont devenus des amis.

Qu’est-ce que vous gardez en vous de la culture grecque?

La Grèce, ce sont d’abord les chansons de Manos Hadjidakis, mon ami poète et philosophe, dont j’ai été très proche. Et mon meilleur guide, dans la vie, c’est la mythologie grecque. Si vous connaissez les traditions et la culture de votre pays, ça vous donne du courage pour avancer. Je suis très fière de mon pays. Ils ont des problèmes, comme partout, mais je suis très positive pour l’avenir.

En 2008, vous avez fait vos adieux, avant de remonter sur scène quelques années plus tard. La scène, le public, c’est un besoin viscéral?

Quand j’ai pris conscience de ce que je faisais et de la chance que j’avais, j’avais déjà 70 ans. Puis, en 2008, six ans avant mes 80 ans, je me suis soudainement dit que je ne pouvais pas continuer à chanter encore et encore une chanson comme «Le Tournesol». Avant, je ne réfléchissais jamais, j’étais dans le tourbillon, j’allais d’une chose à l’autre. Alors je me suis dit: voilà, j’arrête. Mais que faire? Je pensais faire du dessin, aller voir des spectacles, me remettre au piano. Mais je n’ai rien fait de tout ça. Je suis restée à la maison en me disant que je n’étais plus rien. Quand je ne chante pas, je n’existe pas. J’étais même jalouse de voir des gens sur scène sans pouvoir y monter. Au bout de quelques années, j’ai profité des 50 ans de la chanson «Weisse Rosen aus Athen» pour rechanter. Puis il y a eu mon anniversaire, et petit à petit je suis revenue.

La scène, c’est toute ma vie; je me sens exister, je sens la chaleur du public, qui est heureux. Je suis gâtée, à mon âge, d’avoir encore un public qui m’aime. Ce moment où je me suis arrêtée m’a donné l’opportunité de comprendre l’amour que j’ai reçu durant toute ma vie. Je garde d’ailleurs chez moi plein de souvenirs offerts par les fans; les petites et les grandes choses, tout a pour moi une valeur. Je ne suis peut-être pas devenue la plus grande chanteuse du monde, mais ça ne m’intéressait pas. Je préfère être aimée. J’ai besoin de ça. Et je peux vous dire que quand on cherche la bonté et l’amour, on les trouve.


Questionnaire de Proust

Le Temps: Si vous pouviez changer quelque chose à votre biographie?

Nana Mouskouri: Je regrette d’avoir fait subir un divorce à mes deux enfants. Mais sans cela, je n’aurais pas fait carrière. Mon ex-mari voulait retourner en Grèce, mais je n’étais pas prête à abandonner la musique. Et j’ai ensuite eu la chance de me remarier avec André Chapelle, mon producteur.

Trois adjectifs pour vous qualifier?

Je suis sincère, j’aime la vérité et je suis optimiste. Dans la vie, il vaut mieux sourire. Si vous parlez aux gens gentiment, ils feront la même chose.

Un talent que vous n’aurez jamais?

Je n’ai pas de talent pour jouer de la musique. Je n’ai pas la concentration nécessaire.

Une chanteuse que vous admirez?

Il y en a beaucoup… Forcément Maria Callas. Mais j’aime aussi beaucoup Piaf, Streisand, Whitney Houston, Tina Turner, Barbara, et Marlene Dietrich pour sa manière de poser sa voix.

Un chanteur?

Ma première idole, c’était Elvis, le rock’n’roll. Mais il y a aussi le jazz avec Nat King Cole, puis Sinatra, Harry Belafonte, Aznavour, Brel et Michael Jackson. Parmi les jeunes, j’aime beaucoup Stromae, il est génial, habité.

Une chanson pour l’éternité?

Une chanson qui a toujours été un guide, c’est «Somewhere over the Rainbow», du «Magicien d’Oz».

Un livre qui vous a marquée?

Je dévore les livres philosophiques. La philosophie nous dégage de la lourdeur des choses, nous donne une sagesse. J’aime beaucoup aussi le poète libanais Gibran Khalil Gibran, qui dit que l’on doit apprendre à grandir comme des cyprès, sans faire de l’ombre aux autres.

 

Profil

  • 1934: Le 13 octobre, naissance en Crète.
  • 1962: Enregistre aux Etats-Unis l’album jazz «The Girl from Greece Sings», produit par Quincy Jones.
  • 1964: S’installe en Suisse.
  • 1981: «Je chante avec toi Liberté», qui reprend le chœur des Hébreux de «Nabucco», devient un de ses plus gros succès.
  • 1994: Députée au Parlement européen, où elle siégera cinq ans.
  • 2018: Le 2 février, sortie de «Forever Young», son 134e album. Le 10 mars, unique date suisse à Montreux, Auditorium Stravinski.

 

 


« J’avais des dictionnaires plein mes valises »

Née en Grèce, lancée depuis la France, établie en Suisse, applaudie partout, Nana Mouskouri revient sur une vie unique. A 83 ans, elle chantera en mars à Montreux. La chanteuse aux 350 millions de disques vendus continue de donner de la voix. 

Elle dit encore «Monsieur Hazan», quand elle évoque le directeur de sa première maison de disques. Et se souvient de ses parents comme elle parle de son public ou «du métier»: avec une respectueuse affection, presque de la déférence que n’aplanit pas le poids de 350 millions (ou 400, selon les décomptes) de disques vendus. À 83 ans, Nana Mouskouri est une légende mais pas une diva. Une senior à l’élégance classique et aux manières polies. Ne serait-ce le chapeau de marque osant un vermillon ostentatoire, on se dit que la chanteuse n’aurait pas reçu un journaliste très différemment lors de sa première interview, en Grèce au milieu des années 1950. Posée, attentive, studieuse, sérieuse – lisse, ont regretté ses contempteurs. Mais sans tricherie.

Dès lors que la jeune Ioanna décida un matin que sa vie s’écrirait en musique, elle n’a pas dévié de son chemin, regrettant aussitôt prise sa décision de quitter la scène, il y a treize ans. «Je me suis senti mal, ça ne m’a pas réussi du tout», confie-t-elle. Après avoir allongé des années durant sa «tournée d’adieu», Nana a simplement gommé toute référence à une éventuelle retraite. Au contraire. En mars, elle donnera à Montreux une étape de son Forever Young Tour, tournée «éternellement jeune», non par coquetterie mais par référence à la reprise de Bob Dylan qui garnit son nouveau disque.

– Vous avez rencontré Dylan en 1979, par l’entremise de Leonard Cohen. Parmi les innombrables rencontres de votre carrière, fut-elle particulièrement marquante?
– C’est un très bon souvenir. Il était venu me voir au Greek Theater de Los Angeles. Cela m’avait touché car il était supposé partir vite mais il est resté dans les coulisses pour m’écouter durant tout le concert. Nous avons fini la soirée dans un restaurant, à échanger longuement sur Maria Callas, Ella Fitzgerald, Oum Kalsoum… Peu après, il m’a offert une chanson, Every Grain of Sand.

– Le public francophone vous associe souvent à des collaborations réalisées dans des émissions de variété. Certains duos télévisés vous reviennent à l’esprit?
– Joe Dassin, évidemment, c’était un grand ami. Il reprenait Guantanamera, comme moi. Sinon, Serge Lama, Sheila, Charles Aznavour, Herbert Léonard… On s’amusait bien. Mais je n’en ai pas fait tant que ça, car je n’étais pas toujours en France, je voyageais énormément.

– Vous faisiez ce métier pour les voyages?
– Je déteste voyager, en fait! Me faire sortir de la maison, c’est tout un truc. Mais je l’ai fait pour chanter, oui, pour aller au contact des gens, là où l’on me réclamait. Chanter est mon premier et mon dernier amour. Le chemin que l’on parcourt compte bien plus que la destination.

– Quelle rencontre vous a le plus marqué?
– Vous savez, quand je suis arrivé en France, j’ai tout de suite joué devant le général de Gaulle, à l’Élysée. Il avait invité le shah d’Iran, dont la femme est devenue mon amie. Alors, évidemment, la barre était tout de suite assez haute. J’ai chanté ensuite pour les Kennedy, pour la reine d’Angleterre, pour le roi de Grèce…

– Et avec Elvis?
– Ça n’a jamais pu se faire, on ne se trouvait jamais au bon endroit au bon moment. Mais j’ai repris beaucoup de ses ballades. J’aurais aimé être rockeuse: quand je voyais Tina Turner faire des duos avec Mick Jagger ou Rod Stewart, j’étais jalouse comme tout! (Rire)

– Croyez-vous aux bons choix, à la chance ou au destin?
– Les Grecs ont un proverbe: la chance est une femme très belle qui marche dans la rue, glissant entre les gens. Si elle passe près de vous, il faut sentir ses cheveux vous frôler pour les saisir au bon moment.

– Mais c’est affreusement macho!?
– Effectivement (Rire). Disons que j’ai eu beaucoup de chance mais je savais que je n’avais rien à perdre, sauf apprendre. J’aimais travailler, découvrir des choses. J’ai appris le piano, le solfège, puis le français pour venir à Paris. Quand je suis arrivée aux États-Unis, Quincy Jones avait déposé des tonnes de disques de jazz dans ma chambre d’hôtel, j’ai tout écouté comme une étudiante.

– Devez-vous votre voix à un don ou à du travail?
– Les deux. Enfant, je chantais tout le temps, que je sois triste ou gaie. J’avais remarqué que mes parents m’accordaient alors plus d’attention, ça me faisait plaisir. Quand j’ai compris cela, j’ai décidé que ce serait ma vie. Ma sœur aînée chantait elle aussi très bien, elle était belle, grande. Mais j’avais une voix qui captait les gens. J’aimais aussi dessiner, mais la chanson m’attirait bien plus. À l’époque, ce n’était pas un métier facile. Une jeune fille ne gagnait pas facilement sa vie dans la musique populaire, c’est pourquoi on étudiait le classique. Chez moi, j’écoutais Piaf, Aznavour, Elvis, et bien sûr ma première idole, Maria Callas.

– Très vite, votre carrière prend une tournure internationale. Était-ce le résultat d’une stratégie particulière?
– Pas du tout. Les demandes sont arrivées très vite, elles étaient nombreuses. Monsieur Hazan me disait: «Tu dois aller en Allemagne. Mais quand tu y seras, tu appartiens à l’Allemagne, je ne veux rien savoir.» Bon, il restait toujours informé des chiffres de vente! Aujourd’hui tout est globalisé. Avant, il fallait pénétrer le pays, le visiter, enregistrer des disques dans la langue locale, y faire des émissions de télé. Venir de Grèce me rendait exotique, quelque chose qui avait aussi réussi à Dalida. L’aspect méditerranéen…

– Vous avez toujours eu de la facilité pour les langues?
– Oui, c’était quelque chose de naturel. J’avais des bases d’anglais grâce à la musique d’Elvis et aux films que mon père, projectionniste, passait dans son cinéma. Je parlais grec, italien, anglais, puis j’ai appris le français, l’allemand et l’espagnol. Je m’intéresse aussi aux dialectes, comme le gaélique ou l’écossais. J’ai chanté en coréen, en japonais et même en maori, en Nouvelle-Zélande! J’avais des dictionnaires plein mes valises. Si je n’avais pas été chanteuse, j’aurais fait interprète, ou du moins un métier dans la communication.

– Quelle langue est la plus musicale?
– J’aime beaucoup l’espagnol. Le français est très fermé mais c’est une belle langue, avec une émotion différente de toutes les autres. L’anglais n’est pas si simple à bien maîtriser. L’allemand est franc, avec une belle gravité.

– Comment expliquez-vous votre longévité auprès de votre public?
– Je pense que les gens étaient contents de me retrouver régulièrement. Je faisais rêver, à une époque où l’on voyageait peu. C’est comme si je ramenais des choses dans mes valises. Je ne suis évidemment pas très connue de la jeune génération, mais certains ont découvert mes disques américains, plus jazz et blues. On me connaît moins sous cet angle ici, mes labels n’en voulaient pas trop. On a fait tellement de disques! On produisait non-stop. En fait, je ne visitais pas beaucoup les pays où je me rendais: je connaissais les aéroports, les hôtels, les loges, etc. Par contre, j’essayais de sortir dans les clubs, d’aller au contact des musiciens.

– Y avait-il de grandes différences entre les États-Unis et l’Europe?
– Les Américains sont incroyablement disciplinés et professionnels. Ils visent la perfection, tout en donnant toujours l’impression que tout est simple et naturel. J’ai appris à travailler comme cela. En Europe, c’était beaucoup plus relax, plus ludique mais pas moins pro, comme les émissions des Carpentier, sur la télé française.

– Les artistes s’y déguisaient et se mettaient en scène dans des sketches. Ils jouaient plus facilement le jeu?
– Oui, c’était bon enfant. Tout a changé dès lors que le commercial est entré à la télévision. Les gens sont devenus angoissés par l’audimat, la performance, le prix de la pub. Ça presse vers le bas et perd en spontanéité. C’est devenu difficile pour moi. J’aime rire mais pas sur commande, comme on le réclame dans les émissions actuelles.

– Vous avez vite imposé un look, même un «antilook»: en étiez-vous consciente?
– Mes lunettes, on voulait me les enlever de force! Mais je suis myope, j’en avais absolument besoin. Elles rendaient fous certains producteurs télé, qui juraient qu’elles créaient des ombres et des reflets à l’écran. On disait que je ressemblais à une secrétaire. Je recevais même des lettres d’insultes! C’était absolument neuf de chanter avec des lunettes. Après moi, il y a eu Elton John et Polnareff.

– En 1994, votre non-militantisme politique fut ébréché par votre entrée au Parlement européen
– Le président de Démocratie Nouvelle, Miltiadis Evert, était un ami. Il m’a appelé un jour — j’étais au Danemark — pour me proposer de m’inscrire sur les listes électorales à la place de mon amie Melina Mercouri, qui venait de disparaître. Je lui ai dit non, clairement. Sur ce, je m’envole pour l’Argentine, où je reçois un coup de téléphone: «Tu es devenue folle, tu es sur la liste pour le parlement, etc.!» Je n’ai pas osé révéler qu’on m’y avait poussé, ni refuser! C’était très intéressant. Ces dernières années ont été difficiles pour la Grèce, je comprends, mais je pense que l’on a besoin de l’Europe. La cohésion entre les peuples est essentielle, je regrette que tant de portes se ferment.

En dates

  • 1934: Naissance de Ioanna Mouskouri, le 13 octobre à La Canée (Crète). Père projectionniste, mère ouvreuse. 
  • 1946: Cours de chant et de piano. 
  • 1954: Découvre le jazz. Est exclue du Conservatoire. 
  • 1960: Premier Prix au Festival de la chanson hellénique, à Athènes. Le label Phonogram la fait venir à Paris. 
  • 1961: Premier succès en Allemagne. 
  • 1962: Disque américain avec Quincy Jones, The Girl from Greece Sings. 
  • 1963: Installation à Genève. Concours Eurovision pour le Luxembourg (8e place). 
  • 1967: Tournée américaine avec Harry Belafonte. À Paris, Olympia en vedette. 
  • 1968: Naissance de son fils, Nicolas. Hélène suit deux ans plus tard. 
  • 1969: Premier disque anglais, «Over and Over»: 102 semaines dans les charts. 
  • 1970: Décennie de succès monstre et international, où sa voix visite tous les styles et toutes les langues. 
  • 1984: Concert grec après 22 ans d’absence. 
  • 1988: Disque de répertoire classique. 
  • 1993: Ambassadrice de l’Unicef. 
  • 1994: Députée européenne (droite). 
  • 2003: Épouse André Chapelle, son producteur depuis 1963 et compagnon depuis 30 ans. 
  • 2004: Début de sa tournée d’adieu, «Tant que je suis bien». Sortie d’une intégrale en 34 CD. 
  • 2008: Fin de la tournée d’adieu. 
  • 2013: Repart en tournée mondiale. «Je m’ennuyais et me sentais inutile.» 
  • 2018: Nouvel album, «Forever Young». Le 134e.


Quand Nana rêvait de Johnny
Confidences

«Il était plus jeune que moi de huit années, mais nous avons commencé ensemble. Monsieur Hazan, le directeur qui m’a fait venir en France en 1960, travaillait chez Phonogram, qui était aussi la maison de disques de Johnny. J’avais déjà vendu 1 million de disques en Allemagne mais je restais très impressionnée par ces chanteurs yé-yé. Des «bad boys» mais pas méchants. J’adorais Elvis Presley et James Dean mais je n’ai jamais osé m’aventurer trop avant dans cette musique-là. Je le regrette aujourd’hui, j’aurais aimé chanter une fois avec Johnny. Sur les plateaux de télévision, nous nous croisions assez rarement. Il passait quand il voulait, comme il voulait, il avait son entourage. Même sur la fin de sa carrière, j’aurais bien voulu le rejoindre sur scène avec Eddy Mitchell et Jacques Dutronc. Être moi aussi une vieille canaille! (Rire)»
 

Nana Mouskouri : « Je suis rock ! »

Rencontre avec la chanteuse grecque qui s'apprête à célébrer ses 60 ans de carrière avec un album et une tournée mondiale...
Entretien avec Virginie Borlet  (pdf)
Publié dans le Dauphiné Libéré le 10 décembre 2017 (édition abonnés)

 

 

En attendant l'album "Forever Young"


Bob Dylan
Forever Young (Eternellement Jeune)

May God bless and keep you always
Puisse Dieu te bénir et te garder en vie
May your wishes all come true
Puissent tous tes souhaits se réaliser
May you always do for others
Puisses-tu toujours oeuvrer pour les autres
And let others do for you
Et laisser les autres agir pour toi
May you build a ladder to the stars
Puisses-tu construire une échelle jusqu'aux étoiles
And climb on every rung
Et monter chacun de ses barreaux
May you stay forever young
Puisses-tu rester jeune à jamais
Forever young, forever young
Eternellement jeune, éternellement jeune
May you stay forever young
Puisses-tu rester éternellement jeune

May you grow up to be righteous,
Puisses-tu grandir et devenir vertueux
May you grow up to be true
Puisses-tu grandir et rester tel que tu es
May you always know the truth
Puisses-tu toujours connaître la vérité
And see the lights surrounding you
Et voir les lueurs autour de toi
May you always be courageous
Puisses-tu toujours être courageux
Stand upright and be strong
Te tenir droit et rester fort
May you stay forever young
Puisses-tu rester jeune à jamais
Forever young, forever young
Eternellement jeune, éternellement jeune
May you stay forever young
Puisses-tu rester éternellement jeune

May your hands always be busy
Puissent tes mains toujours rester affairées
May your feet always be swift
Puissent tes pieds toujours rester rapides
May you have a strong foundation
Puisses-tu compter sur des bases solides
When the winds of changes shift
Quand les vents annonceront les changements
May your heart always be joyful
Puisse ton coeur toujours rester joyeux
May your song always be sung
Puisse ta chanson toujours être chantée
May you stay forever young
Puisses-tu rester jeune à jamais
Forever young, forever young
Eternellement jeune, éternellement jeune
May you stay forever young
Puisses-tu rester éternellement jeune

 

 

Leonard Cohen
Hallelujah (Alléluia)


Now I've heard there was a secret chord
J'ai entendu dire qu'il y avait un accord secret
That David played, and it pleased the Lord
Que David jouait et qui plaisait au Seigneur
But you don't really care for music, do you ?
Mais tu ne t'intéresses pas vraiment à la musique, n'est-ce pas
It goes like this
Ça faisait comme ça,
The fourth, the fifth
La quarte, la quinte
The minor fall, the major lift
L'accord mineur tombe et le majeur monte
The baffled king composing Hallelujah
Le roi perplexe composant hallelujah
Hallelujah...
Hallelujah...

Your faith was strong but you needed proof
Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves
You saw her bathing on the roof
Tu l'as vue se baigner sur le toit
Her beauty and the moonlight overthrew you
Sa beauté et le clair de lune t'ont renversé
She tied you
Elle t'a attaché
To a kitchen chair
à une chaise de cuisine
She broke your throne, and she cut your hair
Elle a brisé ton trône, et t'a coupé les cheveux
And from your lips she drew the Hallelujah
Et de tes lèvres elle a tiré l'Hallelujah
Hallelujah...
Hallelujah...

You say I took the name in vain
Vous dites que j'utilise le Nom en vain
I don't even know the name
Mais je ne connais même pas le Nom
But if I did, well really, what's it to you ?
Mais si je le fait, bon vraiment, qu'est ce que ça peut te faire ?
There's a blaze of light
Il y a un éclat de lumière
In every word
Dans chaque mot
It doesn't matter which you heard
Qu'importe que tu entendes
The holy or the broken Hallelujah
Le saint hallelujah ou le brisé
Hallelujah...
Hallelujah...

I did my best, it wasn't much
J'ai fait de mon mieux, ce n'était pas beaucoup
I couldn't feel, so I tried to touch
Je ne pouvais pas sentir, alors j'ai essayé d'effleurer
I've told the truth, I didn't come to fool you
J'ai dit la vérité, je ne suis pas venue pour te duper
And even though
Et bien que
It all went wrong
Tout ait mal tourné
I'll stand before the Lord of Song
Je me tiendrai devant le seigneur de la chanson
With nothing on my tongue but Hallelujah
Avec rien d'autre à mes lèvres qu'Hallelujah
Hallelujah...
Hallelujah...

 

 

Elvis Presley
In The Ghetto (Dans Le Ghetto)

As the snow flies
Alors que la neige tombe
On a cold and grey Chicago mornin'
Par une froide et grisâtre mâtinée à Chicago
A poor little baby child is born
Un pauvre petit bébé vient au monde
In the ghetto.
Dans le ghetto.

And his mama cries,
Et sa maman pleure,
'Cause if there's one thing she doesn't need
Car s'il y a bien une chose dont elle n'a pas besoin
It's another mouth to feed,
C'est d'avoir une autre bouche affamée à nourrir,
In the ghetto, in the ghetto !
Dans le ghetto, dans le ghetto !

People, don't you understand,
Vous autres, ne comprenez-vous pas,
The child needs a helping hand;
Cet enfant a besoin qu'on l'aide;
Or he'll grow to be an angry man some day.
Ou tôt ou tard il deviendra un jeune homme plein de rancoeur.
Take a look at you and me,
Regardez-vous, regardez-moi,
Are we too blind to see,
Sommes-nous trop aveugles pour voir,
Or do we simply turn our heads and look the other way ?
Ou ne faisons-nous que détourner le regard pour regarder de l'autre coté ?

Well the world turns,
Les années passent,
And a hungry littleboy with a runny nose plays in the street
Et un petit garçon au nez qui coule joue dans la rue
As the cold wind blows,
Alors que le vent glacial de l'hiver souffle,
In the ghetto, in the ghetto !
Dans le ghetto, dans le ghetto !

And his hunger burns,
Et la faim le tenaille,
And he starts to roam the streets at night,
Et il commence à traîner dans les rues la nuit,
And he learns how to steal,
Et il apprend à voler,
And he learns how to fight,
Et il apprend à se battre,
In the ghetto, in the ghetto !
Dans le ghetto, dans le ghetto !

And then one night in desperation, a young man breaks away.
Puis un soir, empli de désespoir, un jeune homme s'échappe.
He buys a gun, steals a car, tries to run,
Il achète un pistolet, vole une voiture, essaie de s'enfuir,
But he don't get far and his mama cries
Mais il ne va pas bien loin et sa maman pleure
As a crowd gathers' round an angry young man,
Au moment où la foule s'attroupe autour d'un jeune homme plein de rancoeur,
Face down in the street with a gun in his hand,
Le visage à terre, un pistolet à la main,
In the ghetto, in the ghetto !
Dans le ghetto, dans le ghetto !

And as her young man dies, in the ghetto,
Et alors que son jeune fils meurt dans le ghetto,
On a cold and grey Chicago mornin',
Par une froide et grisâtre mâtinée à Chicago,
Another little baby is born
Un autre bébé vient au monde
In the ghetto, in the ghetto,
Dans le ghetto, dans le ghetto,
And his mama cries,
Et sa maman pleure,
In the ghetto, in the ghetto !
Dans le ghetto, dans le ghetto !


 

Marlene Dietrich
Lili Marleen (Lili Marleen)

Vor der Kaserne
Devant la caserne
Vor dem großen Tor
Devant la grande porte
Stand eine Laterne
Il y avait une lanterne
Und steht sie noch davor
Et elle est encore là devant.
So wollen wir uns da wieder seh'n
Alors nous voulons nous y revoir
Bei der Laterne wollen wir steh'n
Sous la lanterne nous voulons rester
Wie einst Lili Marleen.
Comme autrefois, Lili Marleen

Unsere beide Schatten
Nos deux ombres
Sah'n wie einer aus
Ne faisaient plus qu'une
Dass wir so lieb uns hatten
Que nous nous aimions tant,
Das sah man gleich daraus
Ca se voyait tout de suite
Und alle Leute soll'n es seh'n
Et tout les gens doivent le voir
Wenn wir bei der Laterne steh'n
Quand nous nous trouvons sous la lanterne
Wie einst Lili Marleen.
Comme autrefois, Lili Marleen

Schon rief der Posten,
La sentinelle appelle déjà
Sie blasen Zapfenstreich
Ils sonnent le couvre-feu
Das kann drei Tage kosten
Ca peut coûter trois jours
Kam'rad, ich komm ja gleich
Camarades, j'arrive tout de suite
Da sagten wir auf Wiedersehen
Alors on se disait au revoir
Wie gerne wollt' ich mit dir geh'n
Comme j'aurais voulu partir avec toi,
Mit dir Lili Marleen.
Avec toi, Lili Marleen

Deine Schritte kennt sie,
Elle connaît tes pas
Deinen schönen Gang
Ta démarche élégante
Alle Abend brennt sie,
Tout les soirs elle brille,
Doch mich vergass sie lang
Mais elle m'a oublié depuis longtemps
Und sollte mir ein Leid geschehen
Et s'il devait m'arriver malheur
Wer wird bei der Laterne stehen
Qui se trouverait sous la lanterne
Mit dir Lili Marleen ?
Avec toi, Lili Marleen ?

Aus dem stillen Raum,
De l'espace silencieux,
Aus der Erde Grund
Du fond de la terre,
Hebt sich wie ein Traum
S'élève comme un rêve
Dein verliebter Mund
Ta bouche amoureuse
Wenn sich die späten Nebel drehn
Quand le brouillard tardif se lèvera
Werd' ich bei der Laterne steh'n
Je serai sous la lanterne
Wie einst Lili Marleen.
Comme autrefois, Lili Marleen.

 

 

Barbara
Dis quand reviendras-tu ?


Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris

Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjа
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
À voir Paris si beau dans cette fin d'automne
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi

Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille
J'irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins

Dis, mais quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

 

 

Amy Winehouse
Love Is A Losing Game (L'amour est un jeu perdant)

For you I was a flame
Pour toi j'étais une flamme
Love is a losing game
L'amour est un jeu perdant
Five story fire as you came
Cinq histoires débutent puisque/comme tu es venu
Love is a losing game
L'amour est un jeu perdant

Why do I wish I never played ?
Pourquoi est-ce que je souhaite n'avoir jamais joué ?
Oh what a mess we made
Oh quel désordre nous avont fait
And now the final frame
Et maintenant, le cadre final
Love is a losing game
L'amour est un jeu perdant

Played out by the band
Fatiguée par la bande
Love is a losing hand
L'amour est une main perdante
More than I could stand
Plus que que je pourrais supporter
Love is a losing hand
L'amour est une main perdante

Self professed... profound
S'autoproclamée... fondamentale
Till the chips were down
Jusque dans les moments cruciaux
... know you're a gambling man
... sachant que tu es un homme de jeu
Love is a losing hand
L'amour est une main perdante

Though I battled blind
Bien que je me battais aveuglement
Love is a fate resigned
L'amour est un amour resigné
Memories mar my mind
Les souvenirs marquent mon esprit
Love is a fate resigned
L'amour est un amour resigné

Over futile odds
Au delà de l'attente inutile
And laughed at by the gods
Et les dieux en riaient
And now the final frame
Et maintenant, le cadre final
Love is a losing game
L'amour est un jeu de perdant

 

 

 

Sources :  letemps.ch  (16 dec. 2017 - Entretien avec Stéphane Gobbo)
tdg.ch (16 dec. 2017 - Entretien avec François Barras)
ledauphine.com  (10 dec. 2017 - Entretien avec Virginie Borlet
Traduction française des chansons par lacoccinelle.net
Artwork : Olivier & Marc-Antoine Coulon, Nana Mouskouri
@ PhB, 17 dec. 2017 upd. 08 jan. 2018